Enseignement supérieur et géopolitique digitale
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Enseignement supérieur et géopolitique digitale.

En matière numérique, l'Europe est un tiers-monde ; notre continent est une colonie, ses habitants sont les clients résignés des GAFA et l'Europe semble incapable de participer aux initiatives qui recomposent les pouvoirs politiques et économiques mondiaux.

Nous sommes plus de 500 millions d'individus qui transférons chaque jour une part conséquente de notre revenu à quelques entreprises mondialisées et nous favorisons des pratiques qui concourent à notre dépendance à leur égard. Fait aggravant, en leur offrant gracieusement nos données personnelles, nous augmentons leur pouvoir de nous maintenir en situation de sujétion économique.

La géopolitique digitale devrait être un enjeu partagé et examiné sérieusement au sein du monde académique et l'enseignement supérieur devrait jouer un rôle central dans la formation initiale et la formation continue. Pourquoi n'est-ce pas le cas ?

Pourquoi l'enseignement supérieur est-il resté fermé à l'innovation pendant vingt cinq ans ?

Au cours des années 90, l'enseignement supérieur doit répondre à l'émergence d'Internet et créer des filières d'enseignement. Comment et quoi enseigner sur un sujet aussi novateur et qui annonce des transformations si radicales ?

Les premières réponses de l'enseignement sont techniques car facilement préhensibles mais la notion de management des technologies digitales et le corpus conceptuel qui devrait l'accompagner peinent à prendre corps ;

Les filières techniques intègrent progressivement les réalités tangibles et immédiates que sont l'e-mail, les suites offices de Microsoft, les évolutions d'ADOBE, les nouveaux arrivants tels que MySQL, et les nouveaux langages de programmation tels que C, C+ et XML.

En revanche les filières de management, commerciales et marketing n'intègrent pas spontanément l'économie dématérialisée. On peut dire que les enseignements techniques (les outils internet) et stratégiques (méthodes de management) ne se rencontrent pas, et ne se parlent pas, pendant les vingt premières années de l'Internet.

Dans le début des années 2010, les meilleures écoles d'ingénieurs intègrent les outils digitaux fondamentaux ; langages de programmation et gestion de bases de données dynamiques pour répondre notamment à l'enjeu naissant du Big-Data. En revanche, les écoles de commerce restent scrupuleusement fidèles aux théories du management nées dans les années 70 et 80. Pendant ce temps, Google Cloud, AWS, Microsoft Azur et Oracle transforment les échanges et le marketing à l'échelle mondiale et à leur bénéfice exclusif.

Ces quatre opérateurs mettent rapidement au point une arme de guerre économique qui leur assure une conquête sans partage du monde et du continent européen : la plateforme web qui, à partir de la connexion d'un individu, peut prédire tous les cycles de vie et de consommation d'un individu ou d'une organisation et fournir par anticipation les biens et services afférents.

La dimension stratégique de l'algorithme échappe au monde académique qui, il est vrai, a déjà du mal avec le maniement pratique d'internet.

L'exemple de Google Cloud Platform est impressionnant. L'outil est techniquement remarquable et embrasse la totalité des fonctionnalités documentaires, transactionnelles, de stockage et de flux, de sécurité et de stabilité. C'est une architecture constante équipée d'une puissance variable qui permet de répondre au besoin d'une épicerie du coin de la rue comme d'une multinationale.

En 2019 le modèle universel de plate-forme web est exclu de l'enseignement supérieur.

L'évolution de cet avatar disruptif techno-managérial, la plate-forme digitale, est à la fois rapide et universelle. En France, deux éléments militent contre sa compréhension et sa diffusion : le dogme et la réalité du travail.

Le dogme réside dans une espèce de préjugé culturel non-écrit : l'élite politique, administrative, académique et culturelle considère que Microsoft, Google ou GAFA sont des gros mots. La résistance à l'empire du Web anglo-saxon s'exprime par l'obscurantisme plutôt que par l'intelligence. En France, comme en Europe, on créée des règlements et des obstructions, on multiplie les débats stériles sur le monopole des GAFA et on s'abstient de créer des entreprises. Par paresse ? Par incurie ? Par ignorance ? Qui sait ou se souvient que l'inventeur d'internet est un polytechnicien français, Louis Pouzin, dont le travail a été salué dès la première page d'un document fondateur rédigé par Vinton Cerf ? (2).

Le travail en France possède des caractéristiques qui s'opposent très directement à l'innovation. Sa définition avant tout contractuelle, son encadrement juridique très étroit, sa fiscalité, sa rareté qui rend l'individu vulnérable, tout concourt à opposer le travail à l'activité. Le travail en France est un contrat caractérisé par des obligations de moyens et l'innovation est une activité dans laquelle seul le résultat compte.

A cet égard les entreprises subissent une pression forte entre deux réalités antagonistes : la possibilité de marges nettement augmentées par l'outil numérique et l'encadrement légal du travail qui fige leur organisation et leur productivité.

Pour ces deux raisons, parmi d'autres, l'Université et le monde académique ignorent superbement le changement qui s'opère dans la société mondialisée et connectée.

La difficile mission de l'enseignement de la réalité numérique.

L'enseignement est à un tournant et doit intégrer les concepts de pratique, d'efficacité, de création de valeur, d'altérité, concepts étrangers au monde académique, quand ils ne sont pas purement et simplement méprisés pour des raisons obscurément culturelles.

Un épistémologue dirait que le fait numérique est une palingénésie (1). Pour faire simple, disons que le fait numérique tue et ne fait renaîtres que les plus aptes à intégrer ces éléments conceptuels qui s'appellent la pratique : passer de l'idée à l'objet, l'efficacité : produire un résultat constatable, mesurable et comparable, la création de valeur : il faut prendre en compte la valeur financière, la valeur sociale, la valeur éthique, l'altérité : accepter et intégrer le changement.

Ces concepts sont très mal reçus dans le monde des sciences humaines ; la pratique est une insulte à la réflexion intellectuelle, l'efficacité est nécessairement déconnectée du domaine des idées, la création de valeur est un concept suspect et l'altérité est synonyme de la fin du statut de fonctionnaire. Or, la transition numérique est rangée aujourd'hui dans le champ des sciences humaines pour ce qui concerne sa pensée, son étude et ses conséquences.

Précisons que le fait numérique n'existe que par l'objet, matériel ou immatériel, qu'il produit. L'outil numérique n'est que l'instrument du passage de l'idée à l'objet. Le fait numérique, c'est l'impulsion électrique qui transforme, contient, restitue et communique la totalité des signes visibles et invisibles. C'est pourquoi notre société, si elle s'en tient au débat au lieu d'intégrer le changement, se condamne à devenir dépendante des détenteurs du savoir-faire numérique.

Dans ce contexte, à quoi sert l'Université ?

L'innovation digitale peut-être résumée par « Contenu, Communauté, Commerce ». C'est l'équation que les GAFA ont en commun. C'est le paradigme qui produit une valeur inédite et un pouvoir inégalé. C'est la tour de contrôle et le tableau de bord de n'importe quelle activité humaine, n'importe quelle ambition.

Le monde universitaire devrait s'attacher à répondre à la question : "A quoi devons-nous préparer notre public ?". Cette question concerne tous les enseignements existants puisque la révolution numérique imprègne et féconde tous les métiers et toutes les activités humaines jusqu'à notre biologie.

Pour l'anecdote, au cours d'une conversation au sujet d'un colloque il y a deux ans avec le haut fonctionnaire français en charge de la gestion du budget de la recherche scientifique, je lui demande "Pourquoi ne pas inviter Emmanuelle Charpentier ? * en plus, c'est une ancienne de ton université". Réponse : "Qui est-ce ?".

Est-il normal que la fracture soit encore si visible ? Les start-up, ou «pure players», nées avec une cuillère numérique dans la bouche, constituent au sein de la société un groupe social et professionnel qui possède des codes et des pratiques distinctifs. De leur côté, les entreprises, PME ou multinationales pré-numériques, qui tentent tant bien que mal d'étendre diverses couches IT dans leurs activités traditionnelles, constatent chaque jour le chemin qui leur reste à parcourir et qui s'accroît en proportion du déploiement de l'innovation.

* Emmanuelle Charpentier, co-inventrice avec l'américaine Jennifer Doudna de Crispr-cas9

L'enseignement, la recherche appliquée et les entreprises.

L'étude des processus de l'entreprise confrontés aux enseignements numériques observés dans une perspective élargie à tous les acteurs économiques suggère la construction d'une offre enseignement-recherche qui s'appuie sur la pratique. Cette offre, conçue comme un accompagnement de la mue 2.0 des entreprises, n'existe en France qu'au sein d'une poignée d'écoles privées et est regardée par le monde académique comme une niche de spécialistes.

Il est urgent de produire un corpus théorique et pratique lisible par les entreprises comme une chaîne de valeur et compréhensible comme un ensemble de solutions faciles à mettre en œuvre.

L'Université peut-elle former un individu aux défis du monde ?

Un premier élément de réponse réside dans la redéfinition du statut des acteurs : étudiant, enseignant, professionnel.

L'étudiant n'est plus un individu jeune non productif et préprofessionnel. Le modèle qui consiste à acquérir des connaissances théoriques et pratiques pour ensuite les appliquer la vie durant est anéanti par la révolution numérique. Dorénavant nous sommes appelés à étudier tout le long de notre existence. L'activité professionnelle et l'apprentissage continu et alterné sont gage d'efficacité mais aussi d'accomplissement personnel.

Il n'y a plus trois âges de la vie : études, travail, retraite. Il y a simplement une vie d'activité plus ou moins riche, faite d'études, de travail et de loisirs, alternativement ou simultanément, dans l'ordre qu'on lui donne et en fonction des circonstances et des événements.

C'est pourquoi la qualité d'étudiant et l'Université doivent être accessibles à tous les âges de la vie. L'Université, en admettant cette réalité, doit repenser son fonctionnement. Or il faut reconnaître aujourd'hui que les connaissances indispensables dans la société 2.0 se trouvent en dehors des institutions académiques.

L'enseignant ne peut plus rester dans une position d'autorité due à un titre académique ou une spécialisation. A l'heure de l'internet et du pouvoir d'un clic de souris, l'interaction humaine prend une dimension nouvelle : l'enseignant n'est plus seulement caution de la connaissance, il est avant tout porteur d'engouement, libérateur d'enthousiasme, éveilleur de curiosité, d'affectio societatis autour de la connaissance. Il est surtout et avant tout garant de l'apprentissage et de l'exercice de la seule aptitude qui échappe à l'intelligence numérique : l'esprit critique.

La critique est la démarche reine de l'enseignement et l'expression de l'exercice de l'esprit. L'enseignement commence par la Question. La connaissance se forme à partir d'interrogations. La critique est le point qui sépare l'ignorance de la connaissance. Critique signifie examen et crise. Le « point critique » est le passage, le changement, la transition d'un état à un autre, la guérison du corps et la catharsis de l'esprit. Les sciences humaines sont toute entière contenues dans l'acte fondateur de la critique.

Jamais une innovation, le binary digit, n'a autant appelé l'exercice critique tant les habitudes structurantes et permanentes de la société sont bouleversées : l'exercice de l'autorité, le contrôle et la diffusion de l'information, l'organisation de l'entreprise, les formes et les moyens d'expressions individuels. Jusqu'au vivant transformé par l'ingénierie génétique et les biotechnologies. Dans ce contexte, le plus haut niveau possible d'examen critique est requis.

Le professionnel est dorénavant partie prenante de la chaîne d'apprentissage : il est le principe de réalité qui s'applique à tout enseignement, technique, scientifique, ou relevant des sciences humaines.

En matière d'enseignement numérique, l'université ne peut pas se passer du professionnel engagé dans la pratique digitale quotidienne et frotté d'innovation.

La révolution digitale n'exige pas seulement des mises à niveau permanentes, elle encourage aussi une liberté d'actions, d'initiatives et d'imagination qui bouleverse les habitudes et entraîne le changement d'ère dont nous sommes les acteurs.

L'Université est-elle un vieux silo irrécupérable dans sa forme actuelle ?

L'éducation en France n'est pas un domaine régalien au sens strict mais y ressemble fort. Le ministère s'appelle « Education nationale ». Le carcan institutionnel est à la fois lourd et lent et fatalement létal pour toute forme d'énergie et d'initiative.

Lorsque surgit au sein des pouvoirs publics un bref éclair d'inspiration, on constate que la mise en œuvre est laborieuse et finalement stérile. On a vu ainsi récemment apparaître deux idées nouvelles et prometteuses : le statut d'étudiant-entrepreneur et le statut d'entrepreneur d'intérêt général.

Le statut étudiant-entrepreneur créé par les pouvoirs publics a pour but de favoriser la culture entrepreneuriale au sein de l'enseignement supérieur.

L'idée paraît de bon sens dès lors que l'on tente de rapprocher université et entreprises.

Toutefois, si l'idée s'inscrit dans l'esprit du temps, on découvre dans la pratique qu'il s'agit d'une initiative splendidement bureaucratique : l'Etat créé un diplôme d'établissement étudiant-entrepreneur (D2E), un cadre réglementaire nouveau, ajoute un cadre institutionnel ; les fameux PEPITE (Pôles Étudiants pour l'Innovation, le Transfert et l'Entrepreneuriat), créé plusieurs couches administratives (Contrat d'Appui d'Entreprise (CAPE), coopérative d'activité et d'emploi (C.A.E.)), et confie tout cela à des fonctionnaires.

Plus grave, la fréquentation de ces institutions révèle qu'aucun des interlocuteurs publics n'a personnellement été confronté à la création d'entreprise ni n'a d'expérience dans aucun domaine concret de l'entreprise. L'incompréhension est totale et le dialogue impossible. Imaginez un gynécologue qui découvrirait sa parturiente en plein travail et qui lui dirait : « voici le guide de l'accouchement et les étapes à respecter. Lisez-le attentivement. Bonne chance, et surtout, n'hésitez pas à m'appeler ! ». C'est à cela que ressemble un entretien avec un conseiller du secteur public.

L'autre initiative des pouvoirs publics est la création du statut d'entrepreneur d'intérêt général par Etalab.gouv.fr.

https://www.etalab.gouv.fr est censé être le bras armé des pouvoirs publics en matière d'innovation numérique, avec data.gouv.fr. Etalab a produit une tentative de création d'un sujet hybride, "l'entrepreneur d'intérêt général". L'EIG doit être un geek, maîtriser les langages de programmation, le Big-Data, l'UX/UI, et être dévoué à l'intérêt général c'est à dire attendre que l'administration soit parvenue à définir ce qu'il est et à quoi il sert.

L'EIG est privé des moyens d'entreprendre et inutile à l'intérêt général faute de volonté politique.

Le bilan de l'action publique dans ce domaine n'est pas à la hauteur des enjeux nationaux ni européens.

Recherche, prospective, développement : une mise à niveau indispensable.

La Recherche en France est depuis sa création institutionnelleune affaire quasi exclusivement publique, organisée, structurée et hiérarchisée pour répondre à des enjeux nationaux qui s'inscrivent dans le contexte de l'empire colonial jusqu'en 1962.

Jusqu'à la création du HCERES en 2013 qui succède à l'AERES et qui redéfinit les critères d'évaluation des projets de recherche, les projets sont examinés par les pouvoirs publics à la lumière du critère « d'intérêt national » par les principaux acteurs publics de la recherche.

Le budget annuel de la Recherche publique en France, de l'ordre de 50 Mds d'€ , est au service de professionnels hautement qualifiés, titulaires de la fonction publique pour une grande majorité.

Grâce à cette structure ultra-professionnalisée, la recherche fondamentale française se place au sixième rang mondial en termes de publications scientifiques, et quatrième en nombre de brevets (système européen).

Toutefois, lorsque l'Assemblée nationale publie un rapport sur « la recherche en France face au défi international » en 2004, on y trouve une sévère critique : « Un système de recherche hérité du passé et peu adapté au temps présent », et la mention appuyée « d'une fracture entre recherche fondamentale et recherche appliquée » .

La France est en pointe en matière de recherche fondamentale et totalement handicapée en recherche appliquée.

Internet illustre dramatiquement cette réalité. Louis Pouzin, déjà cité, imagine le transfert de données par paquets, Vinton Cerf créé TCP/IP pour l'appliquer et la réactivité du monde anglo-saxon assure la domination du modèle à échelle planétaire.

En 2019, internet est devenue une excroissance de la personne humaine. Chaque individu est doté de pouvoirs nouveaux ou augmentés : communication, mémoire, ubiquité, autonomie, mobilité. La Recherche en intelligence artificielle associée aux biotechnologies prépare la phase ultérieure : l'excroissance du cerveau humain ou l'homme augmenté. C'est l'option transhumaniste.

Dans ce contexte d'innovation permanente qui soumet chaque individu à des challenges personnels et professionnels constants, l'impact des outils technologiques sur l'activité professionnelle est majeur. Il se traduit par une pression croissante sur les individus qui subissent la nécessité de se mettre à niveau pour répondre à des obligations non plus de moyens mais de résultats.

Ces questions doivent s'inscrire dans une approche macro-économique ; chômage et employabilité, formation professionnelle, formation initiale et continue, mais aussi dans une approche individuelle qu'il faut repenser. Dans ce débat, l'enseignement supérieur occupe une place centrale.

A l'université l'avenir se présente spontanément en force et en nombre à chaque début d'année : les étudiants y entrent avec leurs pratiques, leurs attentes et leur enthousiasme.

Deux qualités suffiraient à répondre aux attentes des étudiants : ouverture et compétence.

L'ouverture est facilitée par les étudiants eux-mêmes : dans toutes les activités digitales, les étudiants en savent plus que les enseignants. L'expérience montre qu'une vingtaine d'étudiants en Master 2 réunis autour d'une table présente de multiples atouts : les pratiques, témoignages, démonstrations, idées et projets fusent.

La compétence s'entend ici comme l'aptitude à organiser les travaux, distribuer les tâches, hiérarchiser les fonctions, introduire la démarche critique et conduire l'action.

Un enseignement supérieur numérique doit savoir accompagner le très riche flux d'expériences, de pratiques et de connaissances d'un groupe et le replacer dans un exercice pédagogique : formalisation, critique et restitution.

Pendant qu'une poignée de visionnaires installe tranquillement un nouvel ordre numérique mondial, nous restons dramatiquement assis sur la rive de notre vieille europe à regarder nos futurs maîtres s'emparer de l'avenir de nos enfants.

Indignons-nous, certes... Mais agissons, car sans l'action, l'indignation n'est rien.

  1. : Palingénésie : «renaissance des êtres ou des sociétés, conçue comme source d'évolution et de perfectionnement» (Ballanche, Essai de palingénésie sociale, 1827).

  2. https://www.rfc-editor.org/ien/ien48.txt Il faut par ailleurs noter les propos de Maurice Allègre, délégué à l'informatique du Plan Calcul puis ministre : «Louis Pouzin, polytechnicien et chercheur de très grand talent, est venu proposer un projet de réseau maillé d'ordinateurs basé sur quelque chose de totalement nouveau : la commutation de paquets. Très vite, les recherches ont connu un plein succès, au point que j'ai déployé de grands efforts pour faire adopter le projet par la direction générale des télécommunications comme base pour leur futur réseau de transmissions de données. Je me suis malheureusement heurté à un mur. (Les ingénieurs des télécoms préfèrent pousser le développement industriel du Minitel) Nous aurions pu être parmi les pionniers du monde télécoms.